II. Le Monstre !
Montez sur les hauteurs de Montmartre, regardez à droite et à gauche, à l'est et à l'ouest, au sud et au septentrion de la grande cité, et si vous avez la baguette du diable boiteux, cette baguette qui décoiffait les maisons, dites-moi, je vous prie, quel est le réduit, le palais, l'alcôve, l'atelier, la mansarde, le galetas où ce coquin-là n'ait pas ses petites entrées ?
Le seigneur dit un jour à Abraham :
- Trouve dix justes dans Gomorrhe et Gomorrhe sera épargnée.
- Seriez-vous bien certain de trouver dans Paris dix maris dont l'honneur conjugal n'ait pas été plus ou moins effleuré
Boileau croyait pouvoir en excepter trois dans son temps :
Il en est jusqu'à trois que je pourrais nommer.
Et s'il ne les nommait pas, c'était peut-être pour que la chronique scandaleuse du temps ne lui renvoyât pas un démenti.
Un prince de la famille d'Orléans donnait un grand bal.
- Savez-vous, dit-il à quelqu'un, quelles seront les conséquences de cette soirée ? Trois ou quatre fluxions de poitrine et une douzaine d'adultères.
Prenons-en notre parti, ô mes confrères ! Le cocuage poursuivi par les lois, réprouvé par la morale, toléré par la bonne compagnie, et si profondément entré dans les mœurs qu'il est devenu presque une institution.

Suite Chapitre III Janus
14:28 Publié dans 05. (Chap.II) Le Monstre ! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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