XI. Les Minotaurisés. C....
Vous le rencontrez un jour sur le boulevard, il vient à vous d'un air effaré et il vous dit :
- Eh bien ! Vous savez la chose.
- Non ; qu'est-ce que c'est ?
- Mon cher, j'en suis ; c'est un peu dur, mais cela est ainsi.
- Qu'est-ce que vous êtes ?
- Vous ne comprenez pas ? Je suis de la confrérie et il n'y a pas à le nier. J'ai surpris ma femme avec son amant.
- Ah !
- Elle prétend que ce n'est pas vrai, elle dit que je me fais des monstres, elle soutient mordicus que c'est une calomnie, mais on ne me trompe pas comme ça, moi.
- Mais enfin, êtes-vous bien sûr ?....
- Puisque je vous dis que je l'ai vue comme je vous vois.
- Quelquefois, on croit voir....
- À d'autres ; n'allez-vous pas prendre son parti. Oh! la gredine ! Elle ne m'a pas manqué. Mais ça ne se passera pas comme ça ; je veux révéler son inconduite à tout le monde, je déchire le voile, je voudrais que tout Paris sût le fait ; il faut qu'on la montre au doigt quand elle passera dans la rue.
Vous vous éloignez de ce forcené en répétant le vers célèbre :
L'honnête homme trompé s'éloigne et ne dit mot.

15:00 Publié dans 14. (Chap.XI) Les Minotaurisés. C.... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Écrire un commentaire