VII. La Vengeance d'un mari
Un artiste célèbre avait épousé une femme qui le sacrifiait à un amant.
L'époux outragé voulut couper le fil de cette intrigue ; mais il avait affaire à une maîtresse femme.
- Vous m'avez épousée pour ma fortune, répondait-elle, et moi je me suis mariée par vanité ; partant nous sômmes libres d'agir chacun comme il nous convient. Si ma façon d'être vous déplaît, séparons-nous.
Le mari ne voulait pas se séparer d'une femme qui avait vingt mille francs de rentes, mais il résolut de se venger.
Il connaissait l'amant de sa femme pour un être emporté et brutal. Un jour que celui-ci était venu le voir dans son atelier, l'artiste prit un air affligé :
- Vous voyez en moi le plus malheureux des hommes.... Je peux vous le dire à vous, qui êtes un ami de la maison....
- Et qui vous rend si malheureux ?
- Ma femme, dit l'artiste en baissant la voix.
- Bah ! répond l'amant.
- Oui, continue le mari, c'est une femme indigne ; figurez-vous que je l'ai surprise avec son coiffeur.
- Corbleu ! s'écrie l'amant devenu pâle.
- Avec son coiffeur, mon cher ; mais que ceci reste entre nous.
L'amant tord sa moustache de colère, quitte l'atelier sous un prétexte quelconque, monte chez madame, et, sans explication préalable, lui administre une volée de coups de canne.
Notre artiste appelait cela une vengeance.

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