VI. Autre histoire

Z.... est de garde à la mairie.  À dix heures du soir il rentre chez lui pour échanger son uniforme contre son costume de pékin ; sa femme est déjà couché. 

- Ne te dérange pas, mon amie, je viens me débarrasser de mon bataclan, parce qu'il faut que je me trouve ce soir à un conseil de famille, en ma qualité de subrogé-tuteur de ton neveu ; le temps de passer ma redingote, et je me sauve.

Z.... endosse en effet une redingote qui se trouve à sa portée sur une chaise, et se rend à sa réunion.

Quand il entre, il voit que tout le monde le regarde avec étonnement.

- Ah, ça ! lui dit quelqu'un, vous ne nous aviez pas dit que vous étiez décoré.

- Moi décoré ! dit Z...., qui porte instinctivement ses regards à la boutonnière de sa redingote, et qui pâlit en voyant s'y épanouir le ruban rouge !

Z.... avait pris la redingote du commandant de son bataillon, que sa femme fêtait en l'absence du mari.

Le commandant se mit immédiatement en course le lendemain, et trois jours après, Z.... était réellement décoré.

Z.... n'avait pas volé cette distinction.

Voici une aventure qui s'est passée l'année dernière à Ville-d'Avray.

A...., propriétaire, avait la maladie de la pêche à la ligne ; il se levait tous les matins à trois heures, pendant la belle saison, pour aller prendre des barbillons sous le pont de Sèvres.

À peine était-il parti, qu'un coup frappé au plafond avertissait un jeune locataire logé au-dessus qu'il était libre de venir prendre la place encore chaude de l'époux.

Un jour, A.... revient au bout d'un quart d'heure, au moment même où il venait d'être remplacé.

- Ne bouge pas, dit la femme à l'amant en entendant la clef jouer dans la serrure. Elle se lève aussitôt, va à la cheminée et vient se remplacer dans le lit.

Le mari entre à tâtons, se dirige du côté de la cheminée à petit bruit, dans la crainte d'éveiller sa femme, cherche, furète, promène ses mains à droite et à gauche, et de guerre lasse, finit par s'en aller.

- Qu'était-il venu chercher ? demanda l'amant.

- Je ne sais pas, peut-être sa tabatière ; mais il n'y avait rien à craindre, j'avais eu soin de m'emparer de la boîte d'allumettes chimiques.

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Suite Chapitre VII La Vengeance d'un mari