XIX. Le Marche-pié

Celui-ci a épousé une jolie femme dont il a mangé la dot. L'argent étant parti et la femme lui restant, il cherche à tirer parti de la femme.

S'il est employé dans une administration publique, il enverra sa femme chez son chef, chez son sous-chef. Quelquefois, elle se faufilera jusque dans le cabinet du ministre.

Si la femme ne parvient pas à ses fins, le mari l'accusera de bêtise ou d'égoïsme.

Voilà toute la comédie sociale renversée ! Cet homme court quelquefois après son propre déshonneur sans pouvoir le joindre.

Remarquez en passant combien peu la passion et l'amour sont en jeu dans la plupart des intrigues soi-disant amoureuses des femmes mariées.

Sur dix cocuages parisiens trois au moins sont provoqués par la femme du consentement du mari, quatre ont lieu par intérêt (châles, cachemires, diamants, etc.), deux par caprice, un seul peut-être est à moitié légitimé par la passion.

Le cocuage administratif a surtout fait de très grands progrès. Regardez autour de vous et comptez tous les gens qui doivent leur position à l'amabilité de leurs femmes.

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